Histoire du Faouët - De la conspiration de Pontcallec à la Révolution (XVIIIe - XIXe siècle)
De la Révolution à Aujourd’hui

Les Cahiers de doléances et la Révolution

Dans les Cahiers de doléances , décidés par Louis XVI, s'expriment les souhaits des électeurs du royaume. Pour le Faouët, il s'agit :

  • D'être érigé en une vraie municipalité
  • De la création d'un collège à Quimperlé
  • Surtout de la suppression du domaine congéable (comme beaucoup de paroisses rurales)
  • De la baisse des impôts
  • Du retour à la règle primitive de leur Ordre pour les religieux
  • De la juste représentation dans les assemblées... etc
états
états généraux de Bretagne
états
signature cahier doléances au Faouët

Le mardi 31 mars 1789, se tient à la chapelle de la Congrégation, l'assemblée du Général de la paroisse et de tous les habitants formant le Tiers État. Ils élisent 12 membres qui se retrouvent au même lieu le 2 avril pour y rédiger le cahier de doléances de la paroisse...

La Révolution française

En 1790, la cité du Faouët est établie en commune et, fait rare pour une localité rurale, en chef-lieu de district de 1790 à 1795, du nouveau département du Morbihan. Ce district, composé de 17 communes, s'étendait des deux côtés de la rivière Ellé.

Composition du district du Faouët

Une ascension administrative fulgurante, qui place Le Faouët au cœur d'un espace politique, judiciaire et militaire nouvellement dessiné. Cette même année, le Parlement de Bretagne fut aboli. La Bretagne n'accepte pas le sort réservé à la religion catholique.

Population en 1790 : comparaison avec 2023

Commune Population 1790 Population 2023
Le Faouët 2 470 hab. (538 actifs/éligibles) 2 814 hab.
Gourin 3 200 hab. (488 actifs/éligibles) 3 960 hab.
Langonnet 3 300 hab. (755 actifs/éligibles) 1 930 hab.
Guiscriff 2 637 hab. (293 actifs/éligibles) 2 037 hab. (5 896 en 1921 !)
Lanvénégen 1 447 hab. (146 actifs/éligibles) 1 145 hab.
Le Saint 1 606 hab. (124 actifs/éligibles) 612 hab.
Roudouallec 850 hab. (122 actifs/éligibles) 722 hab.
Priziac 2 058 hab. (161 actifs/éligibles) 1 037 hab.
Ploërdut 3 672 hab. (499 actifs/éligibles) 1 255 hab.
Meslan 1 543 hab. (243 actifs/éligibles) 1 479 hab.
Lignol 1 816 hab. (104 actifs/éligibles) 861 hab.
Berné 1 641 hab. (98 actifs/éligibles) 1 551 hab.
9 juillet 1789 Transformation des États Généraux en Assemblée Nationale Constituante
14 juillet 1789 Prise de la Bastille
4 août 1789 Abolition des privilèges — entraînant l'écroulement de tout l'Ancien Régime

Le Faouët, phare républicain

le Faouët 1790
le Faouët républicaine

Alors que la Bretagne s'enfonce dans le chaos de la Chouannerie , Le Faouët se distingue par son zèle républicain. Contrairement à la campagne environnante, profondément catholique et attachée à l’Ancien Régime, la ville s'affirme comme un phare des « idées nouvelles ».

Selon un rapport de 1798, la commune aurait « constamment été dans les meilleurs principes depuis le début de la Révolution », refusant l'asile aux prêtres réfractaires et n'ayant vu aucun de ses habitants rejoindre les rangs des Chouans !

Ce choix politique s'incarne dans des figures comme Jean-Marie Bargain , commissaire du district, qui applique sans faiblesse les décrets révolutionnaires, notamment la vente des biens nationaux — anciennes propriétés ecclésiastiques et nobiliaires suite à la Constitution Civile du Clergé du 12 juillet 1790. Ces mesures, bien accueillies par la bourgeoisie locale, déclenchèrent la colère des « milices royalistes ».

Les trois attaques chouannes du Faouët

Cela déplait particulièrement aux chouans et la ville du Faouët est attaquée à trois reprises :

Nuit du 28 au 29 janvier 1795 — Première attaque Les assaillants sous les ordres de Louis Calan, dit Salomon, attaquent de plusieurs côtés à la fois : par la rue du Poher, la rue du château et l'actuelle rue de Saint-Fiacre. Ils sont repoussés par la petite garnison du Faouët qui s'est retranchée sous les halles (garnison constituée de 12 canonniers, 90 hommes de la garde nationale, 38 hommes de lignes, 5 chasseurs à cheval et 3 gendarmes). Elle oppose un feu nourri notamment des deux canons qui causent de lourdes pertes : les chouans s'enfuient et laissent sur le terrain 14 morts, 8 blessés et plusieurs prisonniers.
30 juin 1795— Deuxième attaque Les chouans ne rencontrent aucune résistance, la garnison étant absente, et sont plutôt bien accueillis par la population. Les patriotes de la ville ont en effet pris la fuite pour trouver refuge à Lorient.
6 janvier 1800 — Troisième attaque Ils abattent l'arbre de la liberté et pillent les demeures de Jean-Marie Bargain et des principaux acquéreurs de biens nationaux, la ville étant une nouvelle fois désertée par sa garnison et ses patriotes...
Georges Cadoudal
attaque du Faouët par les Chouans
Georges Cadoudal
Peinture de Jean Maurice Duval

La Chouannerie (1794-1800)

La Chouannerie est quasi permanente entre 1794 et 1800, avec des effectifs relativement importants et augmentant progressivement.

Georges Cadoudal (1771-1804)

Georges Cadoudal
Georges Cadoudal (1771-1804)

Georges Cadoudal (né à Brec'h le 01/01/1771 et guillotiné le 25/06/1804), rallia le Morbihan autour de lui après la déroute de Savenay (23 décembre 1793). Malgré une adhésion initiale d'une large part de la population rurale au processus révolutionnaire en 1789-1790, des attitudes anti-révolutionnaires augmentèrent par la suite.
Les chouans ont l'avantage de mieux connaître la région, l'absence de grandes voies étant totale, les chemins de traverse sont utilisés pour relier les bourgs. Par exemple, pour se rendre de Langonnet au Faouët, on empruntait un chemin de traverse vers Priziac, puis la grande route jusqu'à l'Ellé, traversant au Grand Pont.

Georges Cadoudal
Chouan Breton

Exactions et violences

Suite aux atrocités commises par les bleus, les chouans répondent par la violence :

  • À Meslan, en 1791 : Les Chouans tuent l'officier municipal Louis Trouboul, pillent des maisons, arrachent l'arbre de la liberté, tuent le greffier Étienne Jamet.
  • Décembre 1795 : Un boucher du Faouët, qui approvisionnait les troupes casernées au Faouët, disparaît à Priziac et est retrouvé mort.
  • Meslan : La commune est « soulagée » de 600 livres en contributions par les Chouans. Dans la nuit du 17 au 18, des Chouans pillent les demeures des citoyens Diecant (recteur constitutionnel) et Jamet (secrétaire-greffier de la municipalité) et arrachent l'arbre de la Liberté le 9 janvier 1795.
  • Priziac : Un « notable » de Kervéno en Priziac, Laurent Le Maout (38 ans), est abattu par les Chouans après qu'ils aient prélevé l'argent et les armes qu'il possédait.
  • Lignol : Corentin Le Floc'h, maire de Lignol, est assassiné par les Chouans en novembre 1794.
  • Langonnet : La commune connaît une rébellion et l'abbaye (dont les religieux sont expulsés en février 1791, biens ont été vendus aux enchères comme biens nationaux dès mars) est occupée par les Chouans en 1795.

Les mésaventures d'individus comme Guillaume Guillemot et l'assassinat de Nicolas Yves Le Clech (qui avait été élu juge de paix du canton du Faouët) sont rapportées. Le prêtre constitutionnel Étienne Jamet, natif et installé à Guiscriff, sera finalement assassiné par les chouans...

Georges Cadoudal
Chouan Breton

Clivages politiques et premières institutions

En 1791, un bureau de poste voit le jour au Faouët. Les clivages politiques se dessinent clairement :

  • Lanvénégen est franchement républicaine
  • Le Faouët, Guiscriff et Langonnet oscillent entre les deux camps
  • Priziac, Meslan, Berné et Le Saint votent massivement conservateur

Une école modeste existe au Faouët depuis 1791, fréquentée par les enfants de la ville.

La destruction des armoiries (1790-1793)

En juin 1790, l'Assemblée Constituante avait ordonné la destruction des armoiries et autres signes qui, sur les édifices publics et les maisons particulières, rappelaient le régime féodal aboli.

Le procureur syndic du Faouët, François-Hyacinthe BARGAIN, s'en vint perquisitionner au château de Pontcallec fin février 1793 : « j'y ai trouvé une infinité d'armoiries, tant dans les boiseries que dans les vitres et, dans les caves, toutes les armoiries qu'on avait ôtées avec soin de l'extérieur. J'ai fait supprimer et briser ces bijoux de l'orgueil féodal. Ai trouvé aussi des cloches armoriées qui vont être transportées au directoire et je vais faire fermer les églises et chapelles où il n'y a pas de prêtre assermenté... ».
Georges Cadoudal

Le décret du 14 septembre 1793 ordonnera aux officiers municipaux de supprimer les armoiries dans les églises dans le délai d'un mois sous peine de destitution.

La levée de 300 000 hommes (1793)

Le 24 février 1793, la Convention décide une levée de 300 000 hommes pour alimenter les différentes armées en guerre, en priorité sur les célibataires de 18 à 40 ans.

Commune Contingent
Le Faouët9 hommes
Meslan7 hommes
Lignol10 hommes
Saint-Caradec6 hommes
Ploërdut30 hommes
Langonnet25 hommes
Gourin22 hommes
Le Saint12 hommes
Roudouallec9 hommes
Berné9 hommes
Langoëlan12 hommes
Plouray12 hommes
Lanvénégen10 hommes
Priziac16 hommes
Guiscriff24 hommes
Locunolé3 hommes
Saint-Tugdual9 hommes
Georges Cadoudal
Enrolement au Faouët

Dès le 15 mars, un peu partout, les jeunes paysans refusent catégoriquement de « tirer au sort » ; ils protestent avec violence contre les exemptés du tirage comme le sont les gardes nationaux et les agents de l'administration déjà largement bénéficiaires par ailleurs des faveurs du nouveau régime.

À Plouray, Langoëlan, Ploërdut, Meslan et Lignol, des jeunes gens forcent les portes des salles où siège la commission chargée du recrutement. Ils brûlent les registres-contrôle, renversent tables et chaises et obligent les commissaires à s'en aller.

247 hommes seront finalement recrutés sur le district du Faouët, mais par exemple, Roudouallec a recruté des jeunes gens incapables de servir, et puis, très bientôt, des déserteurs seront signalés à Guiscriff, Gourin, Langonnet...
Encore faut-il les habiller : le 6 mars, c'est une véritable rafle chez tous les commerçants du district.

La levée en masse (23 août 1793)

Le 23 août 1793, la Convention décrète la levée en masse :

« Tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées. Les jeunes gens (de 18 à 25 ans) iront au combat ; les hommes mariés forgeront les armes et transporteront les subsistances ; les femmes feront des tentes, des habits et serviront dans les hôpitaux ; les enfants mettront le linge en charpie ; les vieillards se feront porter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, prêcher la haine des rois et l'unité de la République. »

Le clivage religieux : prêtres jureurs et réfractaires

À Le Faouët, le recteur Mathurin Bertho prête serment à la nation, devenant un prêtre jureur, tandis que Jean-Claude Conan, François Le Garrec et Henri Le Coguiec, directeur des Ursulines, refusent et deviennent « réfractaires ». Ce clivage religieux alimente les tensions.

Dans tout le Morbihan, il est impossible d'imposer la messe des prêtres constitutionnels aux paysans, profondément attachés à leur foi traditionnelle. La religion catholique, hors la loi, devient un acte de résistance.

  • À Meslan : le recteur Duparc et le curé Guillaume Le Moing refusent le serment à la Constitution civile du clergé en 1791.
  • À Berné : le recteur Morgant, rétractant son serment, sera un fidèle serviteur de la foi et de ses administrés, se cachant dans des trous qu'il partagera avec son neveu, Jean Salvar. Il sera assassiné par des républicains en 1794.
  • À Guiscriff : en 1791, le recteur Guillaume Hervé refuse le serment constitutionnel.
Constitution civile du Clergé
La Constitution civile du clergé (1790)

La fin du district et le Prieuré de Pontbriand

En 1800, Le Faouët cessa d'être chef-lieu de district pour faire partie de l'arrondissement de Pontivy. La suppression des districts et de leurs tribunaux, effective depuis l'an IX (1801), entraîne une perte d'importance pour Le Faouët en tant que simple chef-lieu de canton. Les cantons de Priziac, Kernascléden et Lanvénégen sont supprimés. Berné est rattaché au canton du Faouët, qui regroupe alors Guiscriff, Lanvénégen, Priziac, Meslan, Berné et Locunolé.

Le Prieuré de Pontbriand

Prieuré de Pontbriand
Le Prieuré de Pontbriand

Le Prieuré de Pontbriand, issu d'une donation faite au XIIe siècle par Tanguy I, vicomte de Gourin , aux Bénédictins de l'Abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, se situe plus à Saint-Gilles (Le Saint) avec sa chapelle, le logis du prieur, mais ses dépendances immédiates sont sur Le Faouët. Il servait autrefois de refuge et d'étape pour les pèlerins et les malades circulant dans cette vallée. Il fut confisqué le 4 avril 1791.

La chasse aux réfractaires

La chasse aux réfractaires encouragée par les prêtres constitutionnels et par la bourgeoisie maîtresse du pouvoir local, débute contre ceux qui refusent de quitter la France. Malgré les risques encourus, un petit groupe de prêtres, déguisés en paysans, continuent à exercer leur ministère sacerdotal dans les campagnes, dormant le jour, et employant la nuit à célébrer les offices ou à administrer les sacrements, changeant sans cesse de domicile et de costume.

Chapelle Saint-Gilles
Arrestation et déportation des prêtres réfractaires

Les Ursulines du Faouët durent quitter leur maison le 1er octobre 1792 (on laissa seulement à chaque religieuse un lit, deux draps, un couvert et une somme de six livres). Les biens confisqués au clergé y sont entreposés, un coin servira même de prison.

Vente des Biens Nationaux

Ancien presbytère de Langonnet
L'ancien presbytère de Langonnet (vendu comme bien national)

Les biens confisqués, notamment ceux du clergé et des émigrés, continuent d'être vendus. La vente aux enchères des ornements, lingerie et autres objets enlevés aux églises et chapelles du district a eu lieu au Faouët du 20 juin au 2 juillet 1794. Les bâtiments aussi, le presbytère de Langonnet, par exemple, est affermé puis vendu en 1807.
Les ventes des biens nationaux se poursuivront en 1799 et au-delà. François-Hyacinthe BARGAIN est acquéreur de la métairie d'En-Bas de Coat-Huet (Priziac), du lot du château de Kermérien (Saint-Caradec).
Des terres et tenues à La Trinité (Kerourgant, Craobraz, Broustal) et Gourin, ainsi que la métairie du manoir de Conveau, changent de propriétaires

Ancien presbytère de Langonnet
projet de découpe départementale en 1789

En 1800, Le Faouët cessa d’être chef-lieu de district pour faire partie de l’arrondissement de Pontivy, la suppression des districts et de leurs tribunaux, effective depuis l‘'an IX (1801), entraîne une perte d’importance pour Le Faouët en tant que simple chef-lieu de canton. Les cantons de Priziac, Kernascléden et Lanvénégen sont supprimés. Berné est rattaché au canton du Faouët, qui regroupe alors Guiscriff, Lanvénégen, Priziac, Meslan, Berné et Locunolé.

Congrès de Vienne
Le Congrès de Vienne (1815) — l'esclavage reste autorisé !

Demande de rattachement au Finistère (1801)

En avril 1801, le conseil général du Finistère, appuyé par le Conseil d'arrondissement de Quimperlé, demande le rattachement au Finistère des communes du Faouët, Locunolé, Guiscriff, Lanvénégen, Gourin, Le Saint et Roudouallec. Ceci prouve le mal-être car en 1790, on avait regroupé des paroisses issues d'anciens évêchés voisins, parfois sans respecter les anciennes limites linguistiques ou géographiques. Cela ne sera pas suivi d'effet.

Claude-René Bellanger (1768-1845)

Expédition de Saint-Domingue
Claude-René Bellanger

Claude-René Bellanger , né au Faouët le 27 août 1768, chapelier de profession, commença sa carrière militaire comme volontaire dans la garde nationale du Faouët le 16 août 1791. Il participa pendant la période révolutionnaire avec le 1er bataillon du Morbihan à la désastreuse expédition à l’île de Saint-Domingue.

Promu chef de bataillon, il se distingue pendant le premier empire par sa bravoure lors du siège de Dantzig notamment : à la tête d'une centaine de soldats, le 4 septembre 1813, il force l'ennemi qui s'était emparé du poste de Schidlitz à abandonner sa conquête puis résiste à deux assauts successifs.

Ces faits d'arme lui vaudront le commandement de la place de Vannes et la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Il quitte définitivement l'armée le 22 décembre 1814 puis sera nommé maire du Faouët en 1830 et restera à ce poste pendant six ans.

Il fait l'acquisition à l'âge de 73 ans d'une parcelle de terre sur le placître de la colline Sainte-Barbe, près du campanile qui abrite la cloche de la chapelle, et s'y fait construire un tombeau. Ce sera là sa dernière demeure après son décès survenu le 8 avril 1845.

Expédition de Saint-Domingue
L'expédition de Saint-Domingue
Tombeau de Bellanger
Le tombeau de Claude-René Bellanger à la chapelle Sainte-Barbe

Le Concordat de 1801

Sur le plan religieux, le Concordat de 1801entraîne le rattachement de la paroisse du Faouët au diocèse de Vannes, alors qu'elle appartenait auparavant à celui de Quimper. Ce concordat s'inscrit dans une période de réorganisation religieuse et d'apaisement après les troubles révolutionnaires.

Signature du Concordat
La signature du Concordat (1801)

Avec la suppression des districts et de leurs tribunaux, Le Faouët, devenu un simple chef-lieu de canton, perd progressivement de son importance régionale. Les communes de son ancien district doivent se résoudre à une « école très modeste » pour leurs enfants, loin de l'idée d'un grand collège comme celui de Pontivy.

L'économie post-révolutionnaire

Le commerce atlantique, ruiné par les guerres de la Révolution et de l'Empire, ne retrouve pas son importance antérieure même après la paix. La traite négrière, qui avait soutenu une partie de l'économie bretonne à la fin du XVIIIe siècle, est interdite après sa dénonciation par le Congrès de Vienne en 1815.

Après la chute de Napoléon, la Bretagne, et le pays du Faouët, entrent dans une période de relative stabilité, propice au développement rural et à des changements sociaux graduels.

La population du Faouët s'élève à 3 277 habitants en 1891. Dans le canton, la population rurale reste prédominante, bien que Le Faouët se distingue avec une partie de sa population vivant dans le bourg (moins de 20 % de population dans les bourgs hors Le Faouët dans le canton).

Notons qu'entre 1829 et 1852, l'église voit la construction des bras du transept et de la sacristie sud.

Rue du Château
La rue du Château au Faouët
Rue Poher
La rue Poher au Faouët

Les notables et les routes

La présence continue des paysans dans les assemblées locales, encouragée par le Parlement de Bretagneau XVIIe siècle, les a amenés à acquérir des compétences administratives et de gestion des affaires de leur communauté. Les listes de notables communaux du début du XIXe siècle montrent la diversité des professions.

Le maître Yves Le Cotillec (1820-1888) et son épouse Marie-Jeanne Le Calvez, de Langonnet, sont également mentionnés.

Les obligations liées à l'entretien des routes, comme la corvée des grands chemins généralisée en 1738, perdurent au début du siècle, même si elles étaient mal acceptées par les paysans. Des travaux routiers sont attestés, par exemple, pour la route Le Faouët-Quimperlé en 1821, impliquant des familles soumises à des prestations en nature, en charrois, journées d'hommes et contributions financières.
Les transports restent lents et difficiles en Bretagne. Un marchand lorientais, faisant la contrebande du thé vers la Grande-Bretagne, dans les années 1790, décrit des conditions difficiles pour traverser les monts d'Arrée et qu'il fallait 9 jours pour rejoindre Morlaix.

Rue Poher
La gare de Guiscriff 1930
Rue Poher
proposition des voies férrées 1845

Pourtant l'arrivée du chemin de fer bouleverse l'économie bretonne plus tard dans le siècle (Paris-Brest 1865). Le commerce atlantique, ruiné par les guerres de la Révolution et de l'Empire, ne retrouve pas son importance antérieure au XIXe siècle.

Le canal de Nantes à Brest et l'agriculture

Moulin à battage
Canal de Nantes à Brest

Le canal de Nantes à Brest, ouvert en 1838, joue un rôle économique important, empruntant notamment les gorges du Blavet entre Gouarec
Malgré tout, la misère continue d'être une réalité dans les campagnes du Morbihan sous la Restauration, mais l'agriculture évolue : les charrues métalliques remplacent progressivement les anciens outils, la faux et la faucille dominent encore, mais le fléau pour le battage des céréales cède la place aux premières batteuses mécaniques au début du XXe siècle (indiquant une transition initiée au XIXe). Après 1850, il y a une mise en valeur des landes. Les pratiques culturales évoluent avec de nouvelles charrues et herses à dents métalliques. Des manèges à chevaux sont utilisés pour le battage, par exemple à Keranval, Le Faouët.

Moulin à battage
Moulin à battage Moreau Henri (Port-Manech)

Les syndicats agricoles, comme celui du canton du Faouët créé en 1897, et ceux de Guiscriff et Meslan (1910 et 1913), jouaient un rôle croissant en fournissant engrais et instruments agricoles. La vaccination devient gratuite et obligatoire en 1902, mais son adoption dans le canton du Faouët est lente.

Artisanat et industrie locale

La région abrite des forges (comme la forge Bodet à Guiscriff), des ateliers de charronnage comme celui de Jean Auffret en 1910, de menuiserie, de cordonnerie, de chapellerie, mégissier ou le sabotier.L'entreprise du tanneur Englier (1764) au Faouët est mentionnée.

De nombreux moulins sont présents dans les communes (15 à Le Faouët : Barrigan, Berzen, Mur, Guel, Diarnelez, ainsi que le moulin à papier du Grand-Pont peint par Louis-Marie Le Leuxhe en 1869, 12 à Guiscriff).

L'éducation : un défi majeur

Moulin à battage
Séparation de l’église et de l’état 1905

L'éducation se développe timidement et à l'école modeste existante (depuis 1791), en 1885, une école publique de garçons est ajoutée (NB : école secondaire à Gourin en 1849). Les Ursulines conservaient une école de jeunes filles, mais la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État entraîne leur expulsion.
Les inventaires des biens ecclésiastiques en 1906 provoquent des tensions, notamment dans cette région profondément catholique. Pourtant des efforts sont nécessaires car l'inspecteur d'académie déplore en 1907 le « mauvais classement du département dans l'instruction primaire » puisque le Morbihan est le dernier de France. 32 % des enfants scolarisables ne fréquentent aucune école en 1891.

Le taux d'absentéisme atteint même 52 % pour le seul arrondissement de Pontivy ! Mais on peut le comprendre car les conditions d'enseignement sont difficiles, le nombre d'enfants par classe dépasse souvent largement les 50 élèves, la distance pour aller à l'école pouvait dépasser 15 km à pied et les enfants étaient une « main-d'œuvre gratuite ».

École de garçons du Faouët en 1884
Croquis de l'école primaire de garçons du Faouët (1884, lois Ferry)
École de garçons du Faouët en 1884
enfants au travail

Le tourisme naissant et l'essor artistique

École de garçons du Faouët en 1884
promotion touristique du Faouët

La période voit l'émergence d'un tourisme naissant, avec la publication du premier guide touristique sur la région en 1845 et un syndicat d'initiative à Quimperlé en 1912.
L'école de Pont-Aven, où Gauguin fait école en 1886, attire les artistes. La faïence de Quimper commence à produire des assiettes à sujet « breton » à partir de 1878, contribuant à la folklorisation de la Bretagne. Le vêtement tend à s'uniformiser, bien que des « vieillards irréductibles » continuent de porter les costumes traditionnels.

Le Faouët, centre artistique de la Bretagne intérieure (1860-1920)

De 1860 à 1920, Le Faouët devint l'un des principaux centres artistiques de la Bretagne intérieure, attirant de nombreux peintres séduits par la lumière, les costumes traditionnels et les paysages :

Georges Cadoudal
Guy Wilthew
Georges Cadoudal
Guy Wilthew
Georges Cadoudal
Henri Alphonse Barnoin
Georges Cadoudal
Henri Alphonse Barnoin
Georges Cadoudal
Henri Guinier
Georges Cadoudal
Henri Guinier
Georges Cadoudal
Arthur Midy
Georges Cadoudal
Arthur Midy
Georges Cadoudal
Alphonse Le Leuxhe
Peintres au Faouët
Nouvelles voies férrées déservant Le Faouët

Leur venue fut facilitée par l'arrivée du chemin de fer à Quimperlé en 1865, ville distante de 26 kilomètres, puis au Faouët même en 1906. Les artistes sont hébergés principalement dans les deux hôtels, Le Lion d'Or et La Croix d'Or, donnant sur la place des Halles. Ils immortalisent la vie du bourg.
Le Touring Club de Franceinstalle même un banc sur le plateau de Sainte-Barbe pour admirer la vallée de l'Ellé.

Peintres au Faouët
Banc au plateau de Ste Barbe
Halles et artistes
La place des Halles, lieu de vie des artistes

La mémoire de Marion du Faouët et les figures locales

La figure de Marion du Faouët, brigande du XVIIIe siècle (1717-1755), reste très présente dans la mémoire locale. Transmise via récits et légendes, elle était initialement dépeinte de manière négative (sorcière, croquemitaine) et restait « particulièrement vivace » et « abhorrée ».

En 1884, Julien Trévédy (1830-1908), alors président du tribunal civil de Quimper, publie la première étude historique sur Marion du Faouët dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère. Son travail, basé sur des documents authentiques, cherchait à présenter Marion sous son « vrai jour », en opposition à la tradition populaire.

En 1907, François Cadic publie une gwerz (complainte) de Marion du Faouët, mentionnant le travail consciencieux de Julien Trévédy.

Étude sur Marion du Faouët
Les premières études historiques sur Marion du Faouët (fin XIXe - début XXe)

Puis, en 1908-1909, Jean Lorédan publie une étude qui devient la référence sur le sujet. Basée sur de nouveaux documents d'archives, son œuvre se veut débarrassée de la légende et replace Marion dans le contexte de la « grande misère » du XVIIIe siècle en Bretagne.

Étude sur Marion du Faouët
Les premières études historiques sur Marion du Faouët (fin XIXe - début XXe)

Laïcisation et évolution des transports

La période est fortement marquée par les politiques de laïcisation de la Troisième République, culminant avec la loi de Séparation des Églises et de l'État en 1905. Les lois antérieures visant les "congrégations" conduisent notamment à l'expulsion de celles-ci autour de 1902. Les Ursulines du Faouët, qui avaient racheté leurs bâtiments après la Révolution et continuaient d'y instruire les jeunes filles en 1891, sont directement concernées par ces expulsions. La résistance aux inventaires des biens d'église en 1906 a été particulièrement marquée dans certaines zones du Morbihan, suggérant que Le Faouët, en tant que commune bretonne rurale réputée pour sa religiosité, a probablement connu des tensions liées à ces événements.

Les Ursulines du Faouët, qui avaient racheté leurs bâtiments après la Révolution et continuaient d'y instruire les jeunes filles, sont directement concernées par ces expulsions. Le 11 février 1907, elles sont expulsées de leur couvent. Dès 1909, l'évêque de Vannes se rend acquéreur de l'édifice pour y installer un collège, jusqu'au retour des Ursulines en 1921. Ces dernières vont poursuivre leur tâche éducative au Faouët jusqu'en 1936, reléguées ensuite dans cette mission par les sœurs de Kermaria jusqu'à la fermeture définitive de l'établissement en 1982 (racheté par la ville en 1987)

Couvent des Ursulines
Le couvent des Ursulines du Faouët
Couvent des Ursulines
Le couvent des Ursulines du Faouët
Jour de marché
Les premières études historiques sur Marion du Faouët (fin XIXe - début XXe)

D'autres figures locales de la fin du siècle sont documentées, comme la famille de bouchers Le Bouar, « vieille famille locale » du Faouët. Eugénie Le Bouar, née au Faouët en 1850, épouse Louis Marie en 1871. Leurs vies, notamment la gestion d'un comptoir et bazar, sont liées à la ville, avec des événements publics qui attiraient la foule en 1879 et 1896. En 1901, à la suite du décès de Louis Marie, sa veuve est contrainte de louer la moitié de la surface commerciale de son bazar, donnant un aperçu des réalités économiques des familles commerçantes locales.

Jour de marché
Hotel du Lion d’or

La Comtesse du Laz publie une notice historique sur la Baronnie du Faouët en 1892, abordant notamment l'histoire du château. L. Léna est mentionné comme un historiographe local. Vers cette époque, le breton est souvent décrié, voici ce qu'écrit l’inspecteur Irénée Carré en 1891 : « Le jeune Breton, jusqu’au moment où il commence à apprendre le français à l’école, ne donne absolument aucun signe d’intelligence. […] il faut le faire sortir de lui-même, de son pays, lui élargir les idées, le franciser en mot »

Batteuse à vapeur
Bus liaison le Faouët-Quimperlé

Le canton du Faouët avait une population significative au début du siècle, avec 3 702 habitants pour la commune du Faouët en 1901. Le développement des transports en commun, comme les services d'autobus Le Faouët-Quimperlé dans les années 1920-1930 et le début de l'électrification, transforment le quotidien. Les techniques agricoles continuent leur développement : batteuses à vapeur qui se développent depuis 1880, machines à traire avec pulsateur à partir de 1895 environ.

Le train améliorera ses conditions de voyage !

Batteuse à vapeur
En train
Batteuse à vapeur
Batteuse à vapeur en 1905
Batteuse à vapeur
début de la machine à traire

Priziac

Population : 2 510 hab. (1891) → 3 007 hab. (1911) → 1 020 hab. (aujourd'hui)

Priziac est un cas notable de commune votant massivement pour les conservateurs lors des élections législatives de 1902. Contrairement à d'autres, l'on dit que son église n'a pas de flèche, symbolisé par l'expression moqueuse « Prijag a-blad ».

Parmi les figures locales, citons l'abbé Jean-Vincent Le Gohébel, recteur de Priziac de 1912 à 1925, qui a mené de longues et patientes recherches sur l'histoire locale. On cite aussi le menuisier Henri Letellier, la fabrique artisanale de cuisine de Laurent Le Bail, le manoir du Dréorz, l'auberge du Cheval-Blanc et la chapelle Saint-Yves, reconstruite en 1881 grâce au don de Charlotte Anne Sophie Harrington.

Chapelle Saint-Yves
La chapelle Saint-Yves (reconstruite en 1881)
Église Saint-Béheau
L'église Saint-Béheau de Priziac

Meslan

Population : 2 022 hab. (1891) → 2 553 hab. (1926) → 1 450 hab. (aujourd'hui)

Meslan, comme Priziac et Berné, vote massivement pour les conservateurs. Pourtant, il y a des contestations : on dit que les habitants de Berné, Lignol et Langonnet fixaient le prix de la journée de travail à vingt sols, tandis que Meslan la fixait à dix sols ! Une usine de kaolins s'y développe.

L'ouverture en 1906 de deux lignes à voie métrique (Pontivy-Meslan et Plouay-Gourin via Meslan) dynamise les échanges agricoles. Citons les personnages notables : Monseigneur Mathurin Picarda (1845-1889), figure ecclésiastique notable, natif de Meslan, missionnaire, évêque titulaire de Paphos (Chypre) et vicaire apostolique de la Sénégambie, premier grand nom religieux exporté hors de Bretagne.

On note aussi la menuiserie Ihuellou active dans les années 1930, l'élagage de Vincent Le Guern, la boucherie Jean Le Bec, et le moulin de Kervelen avec son tablier métallique inauguré en 1890, permettant une communication directe entre Lanvénégen et Meslan. Le château de Boblaye s'enorgueillit de la construction d'un nouveau « château » au XIXe siècle, près de l'ancien manoir. Rappelons enfin l'incendie du village de Kervelen en 1909 (14 bâtiments détruits) et des actes de sabotage sur les lignes de chemin de fer en 1912.

Monseigneur Mathurin Picarda
Monseigneur Mathurin Picarda (1845-1889)
Monseigneur Mathurin Picarda
chapelle St Patern (Meslan))
Église Saint-Mélaine
L'église Saint-Mélaine de Meslan

Berné

Population : 1 904 hab. (1891) → 2 030 hab. (1911) → 1 500 hab. (aujourd'hui)

Une école publique de garçons ouvre dès 1885, puis une école de filles à la mairie, illustrant la diffusion des lois scolaires obligatoires et laïques de la IIIe République. Les vestiges du château féodal de Pontcallec subsistent. On cite la menuiserie Duclos frères et la carrière de pierre de Georges-Jacky Couzic. C'est le début de la construction de la chapelle du Sacré-Cœur en 1905.

Presbytère de Lanvenegen
Monseigneur Mathurin Picarda
Eglise de Berné (1930)

Lanvénégen

Population : 2 234 hab. (1891) → 2 790 hab. (1926) → 1 130 hab. (aujourd'hui)

Lanvénégen est la seule commune de la région du Faouët à être franchement républicaine. Le manoir de Saint-Quijeau, propriété des Botdéru jusqu'en 1843, est acquis par la famille Gallic en 1899 et transformé en manoir-ferme. Le manoir de Rosangat est acheté en 1860 par Eugène Morin, recteur d'académie à Rennes. Le Pont-Neuf est inauguré en 1913, reliant la Croix-Keroual (Lanvénégen) au bourg du Faouët.

12 moulins sont mentionnés, dont le moulin à eau de la Trinité, de Pont-Ledan, de Villeneuve, du Rest, de Lescrant. Les frères Cotillec de Lanvénégen sont connus pour leurs binious et bombardes.

Chapelle du Sacré-Cœur
La chapelle de la Trinité (Lanvenegen)
Église de Lanvénégen
L'église de Lanvénégen

Guiscriff

Population : 2 668 hab. (1790) → 4 330 hab. (1891) → 5 896 hab. (1921) → 2 050 hab. (aujourd'hui)

Guiscriff abrite le château de Kerandraon, construit en 1853 par Joseph Bigot, dont le comte Hervé de Saint-Pierre (1887-1953) devient le nouveau propriétaire. 12 moulins sont cités, dont ceux de Pontbriand, du Dourdu, de Kervelaouen, Milin-Coz, Neuf, de Ty-Guélen, de Quelvite, Buoux et du Grand-Launay. Le calvaire de l'enclos paroissial est béni en 1880. Les pompiers de Guiscriff sont très actifs.

Construction des écoles publiques : garçons à partir de 1854, filles dès 1873. La voie ferrée de Carhaix à Rosporden arrive en 1896.

Château de Kerandraon
chapelle de St Antoine à Guiscriff
Château de Kerandraon
Le château de Kerandraon à Guiscriff (construit en 1853)

Langonnet

Population : 3 666 hab. (1891) → 4 848 hab. (1931) → 1 850 hab. (aujourd'hui)

L'abbaye de Langonnet, dont les bâtiments ont été reconstruits entre 1650 et 1780, est fortement dégradée par la Révolution. Elle sera restaurée lors de sa transformation en premier haras public de Bretagne le 10 juin 1806 (avec quarante étalons et dix poulinières) par Napoléon. Elle est restituée aux « Missionnaires du Saint Esprit» et retrouve sa vocation religieuse en 1856. L'église de l'abbaye, terminée en 1788, avait été transformée en écurie.

En 1856, dans la ferme de Kermainguy et la forêt de Langonnet, les missionnaires créent une colonie agricole pour enfants afin d'y placer une partie des enfants trouvés (abandonnés dans les hospices peu après leur naissance) du département. Plus tard, ceci fut converti en colonie pénitentiaire (500 jeunes détenus), puis en l'école professionnelle Saint-Michel sur la commune de Priziac.

Le Keraudrenic à Langonnet à Langonnet, propriété de M. de Narjac jusqu'en 1844, est acquis par Louis Michel en 1880, et le manoir est construit entre 1893 et 1897. Le manoir de Kermain, propriété des Lopriac jusqu'à la Révolution, est converti en exploitation agricole au XIXe siècle. La ligne de chemin de fer Lorient-Plouay-Gourin (construite en 1885) y voit une gare à partir de 1911. Langonnet a eu une école Sainte-Jeanne-d'Arc au début du XXe siècle, un bureau de poste dès 1904 avec le télégraphe municipal (1908).

Abbaye de Langonnet
Eglise de la Trinité Langonnet
Manoir de Kermain
chemin de croix de l’Abbaye de Langonnet
Manoir de Kermain
Le manoir de Kermain (converti en exploitation agricole)

De l'arrêt brutal du temps en 1914 aux mutations profondes de l'entre-deux-guerres : exode rural, modernisation agricole, essor des loisirs et laïcisation de la société. Le Faouët et son canton entrent dans la modernité du XXe siècle.

La Première Guerre mondiale (1914-1918)

Monument aux Morts du Faouët
Les bretons à la grande guerre

L'année 1914 marqua un arrêt brutal du temps en Bretagne, comme dans toute la France. La reconversion à l'économie de guerre affecta profondément les campagnes. Le départ des hommes et des chevaux au front désorganisa le travail des champs, laissant aux femmes et aux enfants la lourde tâche de prendre le relais. Elle accélère la francisation des campagnes et voit se développer une compétition mémorielle autour du sacrifice des soldats bretons. Le pourcentage de pertes à la guerre de 10,6 % en Bretagne est proche des autres régions (contrairement à une idée répandue).

Le nombre de tués s'élève à 165 pour la seule commune du Faouët et 922 pour l'ensemble du canton. Un chiffre élevé qui s'explique par une population très jeune et constituée majoritairement de paysans affectés de préférence dans les régiments d'infanterie de l'Armée de terre.

Corentin-Jean Carré : le plus jeune poilu de France

Né le 9 janvier 1900, il s'engage volontairement à 15 ans, le 27 avril 1915, sous un faux nom (Duthuit, originaire des Ardennes) au 410e régiment d'infanterie. Il devance l'appel en mentant sur son âge. Il mourut après avoir été abattu lors d'un combat aérien au-dessus de Verdun le 18 mars 1918.

Monument aux Morts du Faouët
Jean Corentin Carré (1900-1918)

D'autres exemples illustrent le tribut payé par ces communes :

  • Louis Février (Guiscriff) : tué à Douaumont.
  • Louis Le Goff (Langonnet) : blessé et fait prisonnier à Rossignol en août 1914, interné en Allemagne puis transféré en Suisse.
  • Jean Le Goff (Le Faouët) : tué le 8 janvier 1916 à Mourmelon.
  • Jean-Louis Le Breton (Priziac) : blessé lors de la reprise du fort de Douaumont (oct. 1916) et amputé du poignet. Reçoit la médaille militaire à Priziac en décembre 1917.
Monument aux Morts du Faouët
Grippe espagnole (1918)

La guerre entraîna des pénuries généralisées (main-d'œuvre, machines, pain, sucre) conduisant au rationnement. L'hiver 1917-1918 fut particulièrement rigoureux. La grippe espagnole sévit également, faisant des ravages (presque 20 000 morts en Bretagne).
Un rapport du médecin-major Malloizel en août 1918 détailla l’ampleur de l’épidémie dans la commune de Ploemel et ses environs, une situation similaire a eu lieu dans les communes du canton du Faouët.

Monument aux Morts du Faouët
Le monument aux morts du Faouët, inauguré le lundi 25 juin 1923 (jour du pardon de Sainte-Barbe)

Solidarité, tragédies et figures locales

Église du Faouët en 1910
travail des femmes et enfants

Face aux difficultés, la solidarité s'organisa. Les enfants furent mobilisés pour des tâches agricoles (ramassage de châtaignes, culture de pommes de terre) et des collectes. Les fillettes tricotaient chaussettes et cache-nez. Les comités de secours aux prisonniers de guerre œuvraient pour aider les familles.

Incendies et faits divers

Dans la nuit du 26 au 27 août 1917, l'église du Faouët. fut ravagée par un incendie À la suite de cette tragédie, les hauts murs, le chœur, les sacristies et la voûte sont totalement reconstruits de 1924 à 1927 ; seuls le clocher et la tour-porche d'origine subsistent. La mairie et l'école des filles de Lanvénégen furent également détruites par un incendie le 9 avril 1918.

Les années 1920 voient des faits divers notables : un crime à Meslan en 1925 durant la foire de Saint-Patern où un marchand forain a tiré sur un jeune conscrit de la classe 1925 nommé Joseph Perron, et un autre crime crapuleux au village de Triguirizit en 1929.

Église du Faouët en 1910
L'église Notre-Dame de l'Assomption avant l'incendie de 1917
Église du Faouët aujourd'hui
L'église Notre-Dame de l'Assomption en 1918
Église du Faouët aujourd'hui
L'église Notre-Dame de l'Assomption aujourd'hui

Figures culturelles et religieuses

  • François-Louis-Marie Kervéadou : né à Guiscriff en 1910, ui entre au petit séminaire en 1922 et est ordonné prêtre en 1934, illustrant la continuité des vocations religieuses dans le secteur.
  • Maurice Renders, : peintre antiquaire renommé, décédé au Faouët en 1927.
  • Joseph Fréjon : originaire du Faouët, avocat honoraire, poète et folkloriste.
  • Fanch Jaffrennou et la revue Ar Falz (1933) : militants pour l'enseignement du breton, prémices de mouvements culturels futurs.
  • La Société Polymathique du Morbihan continue ses activités et publications, contribuant à l'érudition locale et régionale.

La fin de la Grande Guerre, avec la « Fête des poilus vainqueurs » le 22 septembre 1919, ouvrit une nouvelle ère. Le traumatisme de 1914-1918 éclipsa les mémoires précédentes, et les monuments aux morts commencèrent à être érigés dans chaque commune.

L'entre-deux-guerres : modernisation et exode rural

Georges Cadoudal

Les premières décennies voient une amélioration des conditions de vie : l'électrification (construction du barrage de Guerlédan en 1923, sachant que Le Faouët expérimente l'éclairage public dès 1885), l'apparition de nouvelles industries. Mais cela s'accompagne de mutations sociales : divorces, suicides et premiers accidents automobiles (premier cité au Gohlen en 1937).

Georges Cadoudal
Réseau électrique de Bretagne

Un exode rural massif

L'exode rural, amorcé avant la guerre, s'intensifie : de 1900 à 1970, un quart des Bretons partent (250 000 Finistériens et 180 000 Morbihannais). En 1938, l'arrondissement de Pontivy voit 1 500 départs saisonniers vers la Beauce (fenaison, moisson), dont 400 pour la seule commune de Guiscriff. Une autre filière d'émigration apparaît vers les îles anglo-normandes (Jersey, Guernesey). En ville, les migrants trouvent des emplois dans le bâtiment, l'automobile, les chemins de fer ou comme domestiques.

Statue de la Liberté à Gourin
Monument à l'émigration outre-Atlantique à Gourin
Georges Cadoudal
émigration outre atlantique

L'émigration outre-Atlantique est aussi très présente : dès 1905, la Compagnie Générale Transatlantique ouvre une agence à Gourin et Roudouallec. La population en 1921 de nos communes atteint des sommets historiques :

  • Guiscriff : 5 380 hab.
  • Langonnet : 4 450 hab.
  • Le Faouët : 3 702 hab.
  • Priziac : 3 007 hab.
  • Lanvénégen : 2 715 hab.
  • Meslan : 2 470 hab.
  • Le Saint : 2 159 hab.
  • Berné : 2 030 hab.

Économie, artisanat et vie quotidienne

Georges Cadoudal
usine des kaolins (Guiscriff)

L'usine des Kaolins (limite Guiscriff/Lanvénégen), créée en 1931, extrait Du kaolin était extrait d'une carrière partiellement noyée située à Kerhouriou, l'argile blanche, la malaxait, séchait en galettes, puis l’expédiait par la gare de Guiscriff pour divers usages, notamment la fabrication de porcelaine, avant de disparaître en 1960. L'abattoir municipal du Faouët est inauguré en avril 1937, tout comme un dispensaire offrant des consultations cliniques et radioscopiques.

Un artisanat foisonnant

  • Fabriques de sabots : Louis Le Laing à Priziac.
  • Menuiseries : Ihuellou à Meslan.
  • Maréchaux-ferrants : Joseph Perron à Meslan (vers 1925).
  • Charronnage : Famille Samedy, Jean Auffret au Faouët (1910).
  • Taille de pierre : Lépinard au Faouët (réalise une statue de la Victoire de 2 000 kg pour Lorient).

Le nombre de cabarets est impressionnant : Le Faouët en compte 93 en 1900, dont 74 pour le seul bourg ! Le café commence à remplacer la soupe du matin, et le pain blanc gagne du terrain sur le pain de seigle.

Georges Cadoudal
Georges Cadoudal

La Caisse locale du Crédit agricole à Guiscriff est gérée de 1904 à 1936 par Joseph Digabel. La Compagnie des sapeurs-pompiers du Faouët est documentée en 1926 avec deux pompes à bras. Le pont du Quilliou est déplacé en aval pour remédier aux crues. Dans le village de Locmaria (Guiscriff), une école ouvre en 1930 (fermée en 1966).

Arts, sports et loisirs

Des photographes et des peintres continuent de visiter la région, charmés par ses paysages et sa « rusticité ». Leurs œuvres offrent un précieux témoignage de la ruralité locale :

  • Arthur Midy (1877 Saint-Quentin-1944 Le Faouët) : peint la chapelle St Fiacre, les Halles, Le Grand-Pont au Faouët...et offre le tableau de l’Assomption à l'église du Faouët, inspiré de Prud’hon, en 1932.
  • Charles Rivière (1848-1920) : peint St Fiacre, la Place Bellanger.
  • Philippe Tassier (1873-1947) et Fernand Cadoret (1855-1918) : centaines de clichés photographiques.

L'essor du sport et du vélo

Le vélo connait un engouement croissant : le « Véloce-club faouétais » organise des épreuves avec des coureurs comme Ferdinand Kerhulu (Le Faouët) et Alphonse Guillemot (Langonnet).

Georges Cadoudal

Les courses hippiques sont très populaires. En 1937, une Société hippique rurale est fondée à Carhaix, incitant Charles Michel, maire de Langonnet, à créer une société similaire. À partir de 1935, Le Faouët accueille le concours-épreuve chevalin annuel de tout le canton.

Les luttes bretonnes (Gouren) connaissent un regain extraordinaire dans les années 1920-1930 grâce au docteur Cotonnec de Quimperlé qui fonde la FALSAB, produisant toujours des champions au Faouët.

Georges Cadoudal>
Gouren

Vie municipale et laïcisation de la société

La vie locale est rythmée par des figures municipales de long cours :

  • Joseph Fortune : maire du Faouët (1900-1912, puis 1919-1924) et conseiller général.
  • Mathurin Le Roy : maire de Meslan de 1904 à 1941.
  • Yves-Jean Le Guilchet : maire de Lanvénégen (1869-1896), suivi d'Yves Le Guilchet jusqu'en 1935.

L'autobus d'Yves Saindrenan (vers 1926-1927) et le train (très prisé pour le pèlerinage à Sainte-Barbe ou Sainte-Anne-d'Auray) désenclavent le territoire. Les années 1930 voient l'émergence des sociétés de chasse et de pêche (« Miné-Bibon » à Guiscriff, « Gaule faouétaise »), soucieuses de la protection du gibier et de la répression du braconnage.

Georges Cadoudal
La Pharmacie Limbour au Faouët (François Limbour, pharmacien de 1930 à 1976)

Des patronages aux "fêtes locales"

La laïcisation de la société se manifeste par la transformation des fêtes patronales en « fêtes locales », intégrant des épreuves sportives, du tir à la carabine et des prestations musicales (fanfares du Saint, Guiscriff, Le Faouët, Berné).

Une nouveauté marquante est l'introduction des bals avec « orchestres de jazz » clôturant la fête, succédant aux danses traditionnelles au biniou... Un véritable basculement culturel qui accompagne la modernisation des campagnes bretonnes.
Pharmacie Limbour
pardon de Ste Barbe
Fête locale et orchestre de jazz
la Gaule Faouëtaise
Ainsi s'achève cette exploration du XXe siècle naissant. Le Faouët et ses environs, tout en préservant leur âme profonde et leurs traditions (Gouren, pardons, langue bretonne), entrent de plain-pied dans la modernité, marquée par les deux guerres mondiales, l'exode rural et les mutations sociales et culturelles.
Histoire du Faouët - De la Seconde Guerre mondiale à la modernisation (1939-1980)

De l'occupation allemande aux fusillades de Lanvénégen, de la Libération aux Trente Glorieuses, du renouveau culturel breton à la modernisation agricole : le Faouët et son canton traversent les bouleversements les plus profonds de leur histoire.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

La Seconde Guerre mondiale interrompt brutalement le développement en cours. Le départ des hommes et des chevaux pour le front désorganise le travail des champs, obligeant femmes et enfants à reprendre le relais. La guerre ruine le commerce atlantique.

L'occupation allemande débute en Bretagneentre le 18 et le 22 juin 1940. Rennes capitule le 18 juin, Brest et Nantes le 19, et Lorient le 21. La région est soumise aux autorités d'occupation. Des hommes de l'île de Sein rejoignent la France Libre dès juin 1940 suite à l'« Appel du 18 juin » lancé de Londres par le général de Gaulle.

Dès l'automne 1939 et l'hiver 1940, le canton du Faouët accueille des évacués. Les sources mentionnent également l'arrivée, en catastrophe, de deux familles juives au Faouët suite à la rafle des 16 et 17 juillet 1942 à Paris, témoignant de l'impact direct des politiques du régime de Vichy et de l'occupation allemande sur la commune.

Le régime de Vichy, perçu par certains comme un état autoritaire et policier, met en place des mesures de surveillance et de répression, comme l'obligation de posséder une carte d'identité à partir de 15 ans ou l'interdiction des bals (sauf de noces). Le Faouët est occupé dès 1940 par les Allemands.

Actes de résistance

Des actes de résistance apparaissent rapidement :

  • 14 juillet 1941 : Les drapeaux tricolores sont hissés sur le mât de la place des Halles du Faouët, malgré l'occupation.
  • Actions symboliques des jeunes : Déchirer des affiches allemandes, siffler au cinéma quand passent les actualités allemandes, faire des signes de la victoire (V avec croix de Lorraine) sur les murs.
  • 1943 : Louis Fraval du Faouët, classe 37, participe à une mission clandestine pour la France libre.
  • 7 mai 1944 : Rafle effectuée en représailles au défilé de la CGT du « 1er mai de combat » contre le nazisme au Faouët.
Georges Cadoudal
Le 7 mai 1944, rafle effectuée en représailles au défilé de la CGT du 1er mai au Faouët

Le secteur géographique comprenant Gourin et Le Faouët se distingue rapidement par une « résistance active », capable d'organiser des opérations armées et des sabotages, regroupant plus de 400 maquisards à l'été 1944. Un foyer sur quatre à Le Faouët portait assistance, au moins à une occasion, à un membre de la Résistance ou à une famille cachée. Citons Robert et Jeanne Le Meur à Gourin, Marcel Le Bouédec à la gare du Faouët (16 opérations de sabotage ferroviaire sont répertoriées sur la ligne Le Faouët-Gourin entre juin 1943 et l’été 1944), L’abbé Quéinnec, recteur de Langonnet...

Bombardements, évacués et parachutages

Georges Cadoudal
St Nazaire

En début d'année 1943, l'aviation alliée bombarde massivement la base sous-marine de Lorient, entraînant l'évacuation massive de la population civile. Près de 5 000 Lorientais arrivent dans le canton du Faouët dans la précipitation.
Ces évacués apportent avec eux leurs réseaux de renseignement. Joseph Hénaff, un agent de la CND (Confrérie Notre-Dame, réseau de résistance), continue ainsi ses activités depuis Le Faouët, utilisant notamment son taxi.

L'épuration du mouvement breton après-guerre, associée par l'opinion à la collaboration active avec l'Allemagne, voit la disparition de figures comme l'abbé Jean Marie Perrot (assassiné en décembre 1943).

Le camp de Saint-Marcel (1944)

Dans le Morbihan, en 1944, le camp de Saint-Marcelsera très actif. Chaque nuit, ce sont ainsi 150 à 200 containers d'armes et de munitions (soit 45 tonnes) qui sont largués et jusqu'à 700 containers le 13 juin. C'est le plus important parachutage de France occupée et même, avec l'atterrissage de quatre Jeeps SAS la nuit du 17 juin, une première mondiale en opération. On estime que 4 000 résistants sont passés par Saint-Marcel pour y obtenir leur armement.

Georges Cadoudal
résistance dans le Morbihan 16-6-1944

Les représailles allemandes : exécutions sommaires

Une cour martiale allemande siégea momentanément en juin 1944 à l'école Sainte- Barbe (actuellement collège Sainte-Barbe) et fut un lieu d'internement et un centre de torture avec des caves spécialement aménagées pour interroger les prisonniers. Cette juridiction d'exception siège pendant 43 jours, du 20 juin au 2 août 1944, prononçant des condamnations à mort de manière expéditive. Plusieurs dizaines de résistants y furent condamnés à mort en quelques jours seulement.

Georges Cadoudal
exécutions
  • 24 juin 1944 — Lanvénégen : 28 résistants fusillés :
  • — Rosqueo et Boutel : (Lanvenegen) 17 résistants fusillés, dont 6 Belges. L'un d'eux, Jean de Coninck, n'est que blessé : il s'enfuit sous les tirs, sera soigné et caché par des habitants et survivra.
  • — Rozangat (Lanvenegen) 10 résistants de Spézet et un de Saint-Goazec fusillés
  • — Pont-Neuf (Lanvénégen) : Un fusillé inconnu retrouvé dans une tombe sommaire
  • 6 juillet 1944 — Landordu (Berné) : 16 résistants fusillés
  • 1944 — Botquenven et Carnal-Vihan (Priziac) : 13 résistants fusillés
  • Le 17 juillet 1944, trois jeunes FTP (Francs-tireurs et partisans), Louis Poul, René Poulizac et Jean-Marie Lincy, sont arrêtés par des agents du SD . Ils deviennent les dernières victimes locales de cette répression, étant abattus le 1er août 1944 à Trosalaün (Le Faouët)
École Sainte-Barbe
L'école Sainte-Barbe, siège de la cour martiale allemande en juin 1944

La Libération et l'après-guerre

En août 1944, Meslan est le lieu d'une série d'affrontements violents entre maquisards et troupes allemandes en retraite en coordination avec la libération plus large du secteur (Gourin et Pontivy), notamment à Botquédan où des résistants tombent au combat.

Dans la nuit du 3 au 4 août 1944, les soldats de la cour martiale quittent discrètement Le Faouët avec leurs véhicules, mettant fin à cette période de terreur

La Résistance contribue largement à la libération de la Bretagne entre juin 1944 et mai 1945. Des villes comme Saint-Malo et Brest sont libérées en août et septembre 1944 après de lourds bombardements qui les réduisent en ruines. Les poches de Lorient et Saint-Nazaire ne se rendent qu'en mai 1945. Quimperlé est libérée le 9 août 1944 et Châteaulin le 11.

Les FFI ont pour mission de réduire les mini-poches côtières. Bénodet a été évacuée le 11 août, il faut assiéger Concarneau tout en évitant de donner l'assaut car le port est miné. Finalement, les Allemands quittent cette ville par la mer à l'aube du 24 août pour gagner Lorient.

Les Trente Glorieuses et la modernisation

Georges Cadoudal
le breton est « interdit »

L'après-guerre est marqué par la modernisation économique, souvent appelée les « Trente Glorieuses» et la « révolution silencieuse des campagnes ». Ces changements sont notamment d'ordre mental, liés au passage des générations par l'école obligatoire. L'après-guerre voit aussi une « finalisation » de la francisation des campagnes bretonnes.

Georges Cadoudal
locuteurs bretons en 1905

La Bretagne, ravagée par la guerre, entreprend une reconstruction nécessaire pour éviter la famine. C'est en 1950 que des élites économiques, culturelles et politiques se réunissent au sein du Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons (CELIB), marquant un travail de diffusion et de légitimation des idées de modernisation économique qui influencera fortement la vie politique et économique jusqu'à la fin des années 1960.

Le CELIB pousse à de grands travaux d'équipement, d'électrification (finalisée en Bretagne vers 1960 !) et de communication, permettant une nouvelle industrialisation. Cette période est caractérisée par une ambition de rattraper le retard structurel et de s'intégrer pleinement dans une économie nationale et internationale en pleine expansion.

Le tracteur se généralise dans les années 1960, et l'insémination artificielle se répand avec l'adoption de races laitières plus productives.

Barrage de Guerlédan
Le barrage de Guerlédan, symbole de la modernisation électrique bretonne
Barrage de Guerlédan

Vie religieuse et tensions : l'interdit de Lanvénégen

La vie religieuse continue d'être un élément structurant. François-Louis-Marie Kervéadou, né à Guiscriff en 1910, ordonné prêtre en 1934, poursuit son parcours religieux jusqu'à sa retraite en 1977 à l'abbaye de Langonnet.

Après la Seconde Guerre mondiale, les mouvements d'Action catholique, comme la Jeunesse agricole catholique (JAC), se développent et contribuent à une émancipation de la tutelle ecclésiastique, participant à une « sécularisation interne des consciences catholiques ».
Cependant, des tensions persistent, comme l'illustrent les « procès des kermesses» dans l'Ouest entre 1949 et 1950, qui deviennent des occasions de mobilisation populaire catholiques.

Georges Cadoudal
procès des kermesses

L'interdit de Lanvénégen (1949-1950)

Dans ce contexte, à Lanvénégen , le nouveau maire décide d'augmenter sensiblement le loyer du pré où le curé fait paître deux ou trois vaches : début des hostilités !

L'évêché de Vannes réagit et le 6 novembre 1949, le vicaire général se rend à Lanvénégen pour déclarer en chaire, devant un parterre de fidèles qui ne savent pas encore très bien ce qui leur arrive :

« Je viens vous annoncer la sanction la plus grave qu'on puisse prendre contre une paroisse : l'interdit ! (...) Le culte et toutes les cérémonies sont suspendues. »

Concrètement, cela signifie que l'église et les chapelles sont fermées, que les prêtres font leurs valises et que désormais baptêmes, communions, mariages et enterrements devront se célébrer dans les paroisses voisines.

Les conséquences psychologiques sont énormes, mais surtout les retombées économiques : les messes du dimanche attiraient la population qui en profitait pour faire « les courses » et se distraire au café, c'était le jour des affaires ! Plus de messe, plus de commerce ! Et on s'accorde sur un point : l'église doit rouvrir sous peine de la mort du village...

Enfin, en août 1950, de guerre lasse, l'évêché fait rouvrir l'église, mais le curé annonce lors de la messe du 15 août l'interdiction des treize membres du conseil municipal et du bureau de bienfaisance! !

Un village sans dimanche
Un village sans dimanche (film de Philippe Baron et Corinne Jacob)

Le mythe de Marion du Faouët et le renouveau culturel breton

À partir des années 1960, on assiste au retour et à l'épanouissement du mythe de Marion du Faouët :

1960-1980 Des ouvrages (roman, pièce de théâtre) façonnent le mythe de Marion.
1966 L'Association Bretonne et l'Union Régionaliste Bretonne organisent un congrès au Faouët, avec des conférences sur l'histoire locale par Joseph Fréjon.
1980 Le nouveau bagad du Faouët est nommé Bagad Marionick en référence à Marion.
1980-1990 La figure se développe, notamment avec la trilogie romanesque de Jean-Pierre Imbrohoris.
1985 Publication de Sur les pas de Marion du Faouët par Jean Rieux et Lice Nédelec.
1997 Le téléfilm Marion du Faouët, chef de voleurs, partiellement tourné au Faouët, lui donne une audience nationale.
Georges Cadoudal

Sa figure inspire des chansons (Tri Yann, Les Rives ), des livres pour enfants, et elle est présentée comme une icône féministe, un bandit social, ou une aventurière...

L'Association Bretonne et l'Union Régionaliste Bretonne organisent un congrès au Faouët en 1966. Ce congrès est l'occasion de discussions sur la situation de la langue bretonne et de conférences sur l'histoire locale, notamment par Joseph Fréjon, originaire du Faouët.

Le renouveau culturel breton

La culture bretonne connaît un renouveau spectaculaire : le fest-noz et les bagadoù voient le jour après-guerre, notamment sous l'impulsion de Loeiz Roparz (1921-2007), fondateur de l'association Al Leur Nevezet, et Polig Monjarret (1920-2003), créateur de la Bodadeg ar Sonerion.

Juste au-dessus de Gourin, le manoir de Menez Kamm est un haut lieu de la culture bretonne : s'y succèdent Alan Stivell, Youenn Gwernig, Glenmor, Yann Goasdoué et les Diaouled ar Menez, Chanig ar Gall, Gilles Servat et Bernard Benoit...

Manoir de Menez Kamm
Le manoir de Menez Kamm, haut lieu de la culture bretonne
Georges Cadoudal

L'émigration importante des années passées perdure entre 1950 et 1980 : départ massif des jeunes et retour progressif des retraités, entraînant un vieillissement de la population dans ces cantons. Cependant, la possibilité de travailler dans le secteur de Lorient tout en résidant dans ces communes commence à inverser cette tendance.

Solidarité, éducation et modernisation agricole

Structures d'accueil et éducation

Les structures d'accueil pour les jeunes se développent. En 1955, le foyer d'enfants Notre-Dame-de-Joie est créé au château de Pont-Callec à Berné, encadrant une cinquantaine de garçons orphelins ou en difficulté, âgés de 6 à 14 ans, sous la supervision des sœurs Dominicaines du Saint-Esprit.. Après leur scolarité élémentaire, beaucoup rejoignent Saint-Michel à Priziac.
Le cours complémentaire public du Faouët évolue en collège d'enseignement général puis secondaire, acquérant son autonomie.

Georges Cadoudal
Foyer de Pont Calleck

Le rôle de l'Église reste important dans la vie sociale. Des rencontres de la Jeunesse Agricole Catholique (JAC) sont organisées à l'abbaye de Langonnet pour aborder les problèmes professionnels selon les principes chrétiens. La section féminine de Langonnet se distingue en 1950 en présentant le "Livre d'or de la paroisse", qui remporte le premier prix des paroisses .

Solidarité et entraide

La solidarité et l'entraide sont des valeurs fortes :

Chapelle Saint-Mélaine
La chapelle Saint-Mélaine (Lanvénégen)
  • 1977 : Création du Comité du quartier de Saint-Mélaine à Lanvénégen.
  • Associations d'aide : Aux victimes d'accidents du travail, de la route, de maladies professionnelles, ou de catastrophes naturelles et industrielles.
  • Croix-Rouge : L'antenne faouëtaise est animée par Jean Piriou, puis par Jacqueline Salaün après son décès en 1997, avec un bâtiment rénové en août 2024.
Château de Pont-Callec

La révolution agricole

Les campagnes voient la mise en place de parcelles plus grandes. Le remembrement est un processus clé : à Berné, par exemple, environ 2 300 hectares de terres sont remembrées vers 1970, entraînant l'arasement de 275 kilomètres de talus, partiellement compensé par la création de 25 kilomètres de nouveaux talus.

La polyculture-élevage reste majoritaire, mais les exploitations se spécialisent :

  • 1958-1978 : La CUMA de Meslan-Berné voit sa production laitière augmenter de 86 % et celle de porcs de 35 %. Le rendement par vache est multiplié par deux.
  • 1980 — Langonnet : On compte déjà 30 poulaillers « industriels » produisant du poulet de chair, de la dinde et de la pintade. Certains se spécialisent dans les « poules pondeuses » ou les « poussins d'un jour », souvent grâce à des capitaux rapportés par les « Américains » (Bretons partis travailler outre-Atlantique).
  • Ferme Massé-Stéphan (Kerbruc, Langonnet) : Se spécialise presque entièrement dans l'élevage porcin complet (naisseur-engraisseur) en 1980.

Les grèves du lait (1972)

Les grèves du lait éclatent en 1972 à Guiscriff, lorsque les industriels refusent d'augmenter les prix accordés aux producteurs. Louis Le Guern, maire de Lanvénégen, est l'un des leaders de ce mouvement.

Manifestation du lait 1972
Manifestation des producteurs de lait à Guiscriff (1972)

De la modernisation économique des années 1970 au renouveau culturel breton, de l'intercommunalité aux festivals internationaux : Le Faouët et son pays entrent dans le XXIe siècle tout en préservant leur âme profonde.

Évolution économique et touristique

Les moulins à eau, qui produisaient de la farine panifiable, sont progressivement remplacés par des moulins électriques. De nombreux moulins persistent dans les communes, comme les 15 moulins du Faouët ou les 12 moulins de Guiscriff. Les « concasseurs de grains » dans les fermes portent un coup dur à la profession de meunier.

Des entreprises artisanales continuent d'opérer, telles que la Menuiserie Ihuellou à Meslan créée dans les années 1930, exemple d'activité artisanale qui perdure. Jean Yhuel, artisan-maçon de Meslan, est cité pour avoir construit sa propre maison. Des entreprises de construction comme ETDE au Faouët sont actives dans les années 1960. La reconstruction de la boucherie Jean Le Bec à Lanvénégen en 1957 est également un signe de l'activité économique locale. Des garages et magasins de réparation apparaissent, comme le Garage Louis et Thérèse Nilion, rue de Quimper au Faouët.

Le tourisme prend son essor

La vocation touristique du pays gagne en importance :

  • 1963 : La municipalité de Priziac achète l'étang près du bourg, le nommant « Lac du Bel Air», dans le but de développer des activités nautiques et d'attirer les campeurs.
  • 1968 : Ouverture de la piscine du Faouët.
  • 1976 : La commune du Faouët est classée « station verte de vacances », forte de son camping, sa piscine du Faouët, ses circuits touristiques et son environnement naturel remarquable.

Le pays du Faouët attire les médias avec le tournage de films tels que Lancelot du Lac en 1970, Les Trois Messes basses en 1971, et l'émission télévisée Du côté du Faouët en 1972. La télévision noir et blanc fait son apparition en France en 1963 et plus spécifiquement dans notre canton en 1967.

Priziac en 1930
Priziac en 1930
Centre hospitalier du Faouët
Le Centre hospitalier du Faouët

Santé et éducation

L'hôpital rural du Faouët, renommé Centre hospitalier du Faouët en 2000, ouvre ses portes en 1968 avec une capacité de 95 lits. La maternité est cependant supprimée en 1971. Le Dr Pierre Limbour (1898-1970) est le médecin du Faouët. Le Dr Joseph Prigent (1957-1987) le remplace. La pharmacie Limbour au Faouët est dirigée par François Limbour (1930-1976).

Le réseau des écoles communales se développe lentement, tandis que les écoles confessionnelles connaissent un essor considérable :

Le renouveau culturel breton

La vague celte

Les années 1970 voient l'émergence d'une « vague celte » portée par des chanteurs comme Alan Stivell, mais aussi Glenmor et Gilles Servat.

Fest-noz et Bagadoù
Le cercle celtique de Langonnet se développe et participe à des compétitions au niveau breton et international à partir de 1968. Le Bagad du Faouët participe aussi à des compétitions dans la région mais aussi très loin à l'étranger. Le festival interceltique, qui trouve son origine dans l'accueil en 1971 d'une compétition de bagadoù, commence son ascension.

Gilles Servat
Gilles Servat, figure de la vague celte
Bagad du Faouët
Le Bagad du Faouët en 1990
Festival interceltique
Le Festival interceltique de Lorient, né en 1971

La langue bretonne

Locuteurs bretons
Carte des locuteurs bretons en 2018

Les écoles Diwan sont créées en 1977. La signalisation routière bilingue est promue par le Conseil général du Finistère, bien que les institutions de l'État (gendarmerie et SNCF) n'affichent qu'en français. La littérature en langue bretonne connaît une production continue, avec des périodes de pic comme en 1913, puis un renouveau depuis la fin des années 1960. La Bretagne n'est plus seulement un sujet littéraire, mais la littérature se dit désormais en breton.

Le football se popularise, avec des associations paroissiales et « laïques ». Les associations du Faouët (l'Hermine et le Foyer laïc) disparaissent en 1964, puis l'US Faouëtaise naît en 1983 de la fusion des sections football de La Garde de l'Ellé et du Club sportif faouëtais. Naissance de l'Union Sportive de Lanvénégen (USL). À Langonnet, l'Entente Sportive (ESL) est créée en 1964. Des équipes comme l'Avenir de Guiscriff (1952-1953) et l'Association Sportive Priziac (1975-1976) participent aux championnats. L'US Berné, fondée en 1945, a évolué en 3e division nationale de 1973 à 1977 et compta dans ses rangs les Duclos, Le Dortz, Le Guenic et Simon, et même Christian Gourcuff.

Équipe de Berné 1977
L'équipe de Berné en 1977

Sports, vie associative et intercommunalité

Équitation et autres sports

Hippique de Keraudrenic
Keraudrenic

La pratique équestre est toujours à l'honneur, notamment à Guiscriff et Lanvénégen. L'Hippique Rurale de Keraudrenic à Langonnet, créée en 1967, regroupe 100 à 120 cavaliers et organise des concours hippiques. Le tennis de table est pratiqué par plusieurs associations (Langonnet, Guiscriff), avec des joueurs de niveau national ou international. Des sports mécaniques sont également présents avec l'association « Les Belles Motos » à Guiscriff.

Une vie associative diversifiée

La vie associative des années 1970 se diversifie dans tous les domaines : « Les Joyeux drilles » à Priziac, « Les Dindalouperien » à Langonnet, association de la Vieille école à Lanvénégen... On voit l'apparition des foyers de jeunes, des clubs du troisième âge, des groupes de théâtre dans presque toutes les communes, des chorales. Le « Ciné Ellé » au Faouët, créé vers 1930, fonctionne de manière autonome à partir de 1998 et draine un large public des communes environnantes. Ouverture de la première médiathèque rurale du Morbihan à Berné dans les années 1980.

Hippique de Keraudrenic
Cinéma l’Ellé au Faouët

La Communauté de communes du Pays du Roi Morvan

Hippique de Keraudrenic
Le Faouët toujours situé à une « frontière »

La Communauté de communes du Pays du Roi Morvan (CCPRM) voit le jour en 1999, regroupant 21 communes des cantons de Gourin, Le Faouët et Guémené-sur-Scorff, avec les besoins croissants en services et infrastructures qui dépassent les capacités d'une seule commune. Des figures politiques importantes émergent, comme Roland Duclos, maire de Berné de 1974 à 1977 et de 1980 à 2008, également conseiller général du canton.

L'émigration ralentit, même si l'agence Air France, ouverte à Roudouallec en 1947, perdure jusqu'en 1987 avec Jean Fichen à sa tête, qui était surnommé le « consul des États-Unis ».

Agence Air France Roudouallec
L'agence Air France de Roudouallec (1947-1987)

L'hôpital rural du Faouët, devenu « centre hospitalier du Faouët » en 2000, évolue avec l'ouverture en 1985 d'un bâtiment annexe de maison de retraite, « Ti ar Prad » . Cette structure mixte répond aux besoins d'une population vieillissante et est cruciale pour l'emploi local. Des « foyers pour personnes désorientées » ont également été créés au Saint, Langonnet et Guiscriff, et la tendance est au maintien à domicile des personnes âgées grâce à des adaptations de logements et des soins infirmiers.

Le Faouët est toujours sur une frontière : celle des Bretons cornouaillais et vannetais !

Commerce, agriculture et culture contemporaine

Le commerce face aux grandes surfaces

Le commerce de proximité a été fortement impacté par les grands groupes (Intermarché, Carrefour, Commod, 8 à Huit, Netto), entraînant la quasi-disparition de l'alimentaire indépendant.

Guiscriff se tourne vers le tourisme vert : la Gare, transformée en équipement culturel, propose un musée du Réseau Breton, des animations, ainsi qu'une aire pour cyclistes et randonneurs sur la voie verte.

Gare de Guiscriff
La gare de Guiscriff, transformée en établissement culturel
Festival des Vieilles Charrues
Le Festival des Vieilles Charrues à Carhaix (265 000 spectateurs en 2025)

Les festivals, comme le Festival des Vieilles Charrues à Carhaix (initié en 1993, 265 000 spectateurs en 2025), sont devenus des événements majeurs.

Langue bretonne et éducation populaire

Des écoles Diwan ont été créées en 1977. Des associations, comme celle de l'Abbaye de Langonnet, signataire de la charte « Ya d'ar brezhoneg » (Oui au breton), rédigent leurs documents dans les deux langues. L'Université du Temps Libre (UTL) des Trois Rivières, créée en 1997 et regroupant des membres de plus de cinquante ans, offre des cours, conférences et voyages d'étude pour élever le niveau culturel. Un jumelage entre Le Faouët et Headford (Irlande) a été officialisé en 1989.

La révolution agricole contemporaine

Évolution des exploitations agricoles

De 1979 à 2000, le nombre d'exploitations agricoles dans le canton du Faouët a chuté des deux tiers, tandis que leur superficie a plus que doublé, illustrant la modernisation et la concentration des terres. La Bretagne a perdu 86 % de ses exploitations agricoles en l’espace de 65 ans.

Le Faouët a vu l'implantation en 1967 du Centre d'abattage de dindes du Faouët (CADF), dans les années 1980, il a diversifié sa production vers la découpe, les barquettes et les surgelés. De 2003 à 2012, son chiffre d'affaires a triplé et le nombre d'employés a doublé (70). En 1985, une jardinerie a ouvert au Faouët.

L'année 2021 voit la mise en œuvre de travaux de rénovation du musée du Faouët (installé dans l'ancien couvent des Ursulines racheté par la ville en 1987), inauguré en 1987 et qui a obtenu le 16 janvier 2012, du ministère de la Culture et de la Communication, l'appellation musée de France, et de la médiathèque.

Georges Cadoudal
Georges Cadoudal
Georges Cadoudal
Georges Cadoudal

Événements marquants et patrimoine vivant

Catastrophes naturelles et restaurations

1987 — La tempête La tempête de 1987 a causé des dégâts considérables, notamment à la chapelle Saint-Armel en Meslan (entièrement restaurée grâce au comité de quartier), dont le toit a été soufflé, et à la forêt de Pontcallec où des centaines d'arbres ont été abattus.
Mai 2023 — Chapelle de la Trinité La Chapelle de la Trinité à Lanvénégen retrouve son toit qu'elle attendait depuis 75 ans, grâce au comité de chapelle très « tenace ».
18 juillet 2025 — Nouvelle place du Faouët L'inauguration de la nouvelle place du Faouët, après un an de travaux, permet d'admirer la mise en valeur de cet espace.
Chapelle Saint-Armel
La chapelle Saint-Armel à Meslan après la tempête de 1987
Chapelle de la Trinité
La chapelle de la Trinité à Lanvénégen après sa restauration (2023)

La Fête du cheval et le Festi'Coat

Georges Cadoudal

La fête du cheval a lieu au Faouët tous les ans et attire de plus en plus de monde (750 repas et 1 000 entrées en 2025), mais Jean-Luc Cardiet, le président du Cheval de trait, disait : « les amoureux des chevaux de trait sont de moins en moins nombreux et de moins en moins jeunes. La relève se fait attendre. Il faut dire que c'est une passion qui financièrement coûte un peu ».

Citons aussi le Festi'Coat au Faouët les 35 et 6 juin 2026, un événement intergénérationnel qui met la chanson française à l'honneur, existant depuis 2021 et qui est en pleine progression.

Georges Cadoudal
Georges Cadoudal
Association St Jacques de Compostelle Bretagne
L'Association Bretonne des Amis de Saint Jacques de Compostelle voit le jour en 1996 et favorise le développement de ce pèlerinage sur le Faouët.

Les pardons : un patrimoine vivant

Les pardons sont toujours très suivis et soutenus grâce aux comités de chapelle. Exemple : celui de la chapelle Saint-Guénolé a servi 700 repas le 10 août 2025.

Pour le Pardon de Sainte-Barbe, un paroissien dit : « Sainte Barbe, au Faouët, a renoué avec ses pardons du passé. Dimanche 29 juin 2025, sur le plateau, les pèlerins ont afflué... Avant la messe du pardon, une procession haute en couleur avait donné le ton. Portées par des Bretonnes en coiffe, les statues de sainte Barbe, de saint Michel ou encore de sainte Anne et de Notre-Dame-de-l'Assomption devançaient les bannières tenues à bout de bras... Il y a encore peu de temps, ce pardon était en déperdition. Les Faouëtais en avaient mal au cœur... »
Pardon de Sainte-Barbe
Le Pardon de Sainte-Barbe au Faouët (29 juin 2025)
Nouvelle place du Faouët
La nouvelle place du Faouët, inaugurée le 18 juillet 2025


Épilogue

L'avenir se montre "radieux", goûtons notre joie de vivre dans un cadre et une qualité de vie exceptionnels. Venez nous rendre visite, vous serez bien accueillis, à bientôt !


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Des premiers chasseurs du Paléolithique, il y a 600 000 ans, aux festivals contemporains, en passant par les mégalithes, les seigneurs du Faouët, Marion la brigande, les guerres mondiales et le renouveau culturel breton : ce territoire des Montagnes Noires n'a cessé de se réinventer, tout en préservant son âme profonde, forgée par des siècles de superpositions historiques, de résistances et de solidarités. Des personnages au caractère entier dans une nature préservée riche en diversité et constituant un havre de paix...

Chapelle Saint-Armel
Chapelle de la Trinité
Chapelle de la Trinité





Bibliographie :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Bretagne https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Faouët_(Morbihan) https://fr.wikipedia.org/wiki/Meslan https://fr.wikipedia.org/wiki/Berné https://fr.wikipedia.org/wiki/Priziac https://fr.wikipedia.org/wiki/Lanvenegen https://fr.wikipedia.org/wiki/Langonnet https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Saint https://fr.wikipedia.org/wiki/Guiscriff https://www.infobretagne.com/faouet_1.htm
  • le pays du Faouët m’était conté - Liv’éditions. Le Faouët (56) - 2012 - Pierre PALARIC ISBN : 2844972349
  • Le Faouët au temps des seigneurs - Éditeur : LÉNA, Imprimerie Priziac, 1985 - Laurent LÉNA
  • Le Faouët sous la Révolution et l’Empire, son district - Éditeur : LÉNA, Imprimerie Priziac, 1987 - Laurent LÉNA